Cahier des charges de refonte de site internet : le guide

Cahier des charges de refonte : ce qu'il faut y mettre pour obtenir des devis comparables

Cahier des charges de refonte : ce qu'il faut y mettre pour obtenir des devis comparables

Ce qu'une refonte ajoute à un cahier des charges de création

L'existant, qui pèse plus lourd que tout le reste. Une création part d'un besoin ; une refonte part d'un actif qui fonctionne déjà en partie et qu'il faut éviter de casser.

Qu'est-ce qu'un cahier des charges de refonte de site internet ?

C'est le document de référence que vous remettez aux prestataires consultés. Il décrit le site à obtenir, les contraintes à respecter et les critères qui permettront de dire que le travail est conforme. Il sert d'abord à obtenir des devis comparables. Il sert ensuite de référence pendant la production, quand une demande apparaît en cours de route et qu'il faut décider si elle était prévue. C'est un document contractuel autant qu'un document technique.

Ce dont vous héritez, et qu'il faut arbitrer

Des pages qui reçoivent du trafic, des adresses indexées depuis des années, des formulaires connectés à vos outils, des contenus déjà rédigés et parfois des données clients. Pour chacun de ces actifs, le cahier des charges doit dire ce qui est conservé, ce qui est repris et ce qui disparaît. C'est la partie que les modèles téléchargeables traitent le plus mal, parce qu'elle dépend entièrement de votre site et d'aucun autre.

Les rubriques du document, dans l'ordre où on les remplit

L'ordre compte autant que le contenu, parce que chaque rubrique consomme les décisions de la précédente. Remplir le périmètre fonctionnel avant l'arborescence, c'est chiffrer des fonctionnalités sur des pages qui n'existeront peut-être pas.

1) Le contexte et les objectifs chiffrés. Deux pages maximum. Qui vous êtes, pourquoi vous refaites le site, et surtout ce que vous attendez du nouveau. Un objectif se formule avec un chiffre et une échéance : « passer de 12 à 30 demandes de devis par mois d'ici douze mois » est un objectif, « améliorer notre image » n'en est pas un. C'est cette rubrique qui permettra plus tard de dire si la refonte a réussi.

 

2) L'audit du site existant. Le point de départ mesuré : pages les plus visitées, requêtes qui apportent du trafic, formulaires réellement utilisés, contenus jamais consultés. Sans cet inventaire, la refonte supprime au hasard. Une page peu élégante mais qui reçoit un tiers des visites ne se jette pas, elle se refait.

 

3) Les cibles et leurs parcours. Qui vient sur le site, avec quelle question, et ce qu'il doit pouvoir faire. Décrivez deux ou trois profils réels, pas huit personas théoriques. Pour chacun, écrivez le chemin attendu, de l'arrivée à l'action.

 

4) L'arborescence. La liste complète des pages et leur hiérarchie, menu compris. C'est la rubrique la plus discutée en interne et la plus utile au prestataire : elle traduit vos priorités commerciales en structure. Elle se valide avant tout travail graphique, sans quoi les maquettes sont à reprendre.

 

5) Le périmètre fonctionnel. Formulaires, espace client, moteur de recherche, prise de rendez-vous, connexions à vos outils métier. Écrivez chaque fonctionnalité sous forme d'exigence vérifiable : « le formulaire de contact envoie une notification à deux adresses et crée une fiche dans le CRM » se teste, « un formulaire performant » ne se teste pas.

 

6) Les exigences graphiques et leurs déclinaisons. Charte existante ou à créer, gabarits attendus, comportement sur mobile, traitement des visuels. C'est la source la plus fréquente de malentendu sur le devis, parce que deux modèles coexistent sur le marché. La plupart des agences web, nous compris, intègrent la création graphique au projet de refonte : identité visuelle, charte et maquettes sont produites dans la foulée. D'autres structures la vendent en amont et séparément, comme un livrable autonome réutilisable ensuite par n'importe quel prestataire ; l'agence Native Communications en fait par exemple l'une de ses quatre expertises. Dites dans le cahier des charges à quel cas vous appartenez, et joignez la charte si elle existe : le périmètre chiffré n'est pas le même.

7) Les contenus et qui les écrit. Le point sur lequel le plus grand nombre de projets prennent du retard. Pour chaque page, dites qui rédige, qui valide et à quelle date le texte est livré. Un contenu non attribué est un contenu qui n'arrivera jamais, et un site prêt qui attend ses textes reste hors ligne.

8) Le référencement et le plan de redirections. Les requêtes visées, les pages qui portent le trafic actuel, et surtout la correspondance entre anciennes et nouvelles adresses. Ce tableau se prépare pendant le projet, pas la veille de la mise en ligne.

9) La technologie, le budget et la recette. Le CMS retenu ou laissé au choix du prestataire, les accès au back-office, l'hébergement, la maintenance après livraison. Puis l'enveloppe, le planning, et la liste des tests qui feront dire que le site est conforme. Une exigence qu'on ne sait pas vérifier n'est pas une exigence, c'est un souhait.

 

Reprise de l'existant : ce que la refonte ne doit pas casser

Trois obligations se contractualisent dans le cahier des charges, faute de quoi personne ne les porte le jour de la mise en ligne.

 

Les adresses. Le plan de redirections associe chaque ancienne adresse à celle qui la remplace, ligne par ligne. Sans lui, les pages référencées depuis des années renvoient une erreur, et le trafic acquis disparaît en quelques semaines. Désignez nommément qui produit ce tableau et qui le vérifie après la bascule.

Les traceurs et le consentement. Un nouveau site remet à zéro la conformité de la bannière de cookies. La CNIL rappelle que le consentement doit être préalable pour les traceurs qui ne sont pas strictement nécessaires au service, que refuser doit être aussi simple qu'accepter, et que le silence de l'internaute s'interprète comme un refus. Certains traceurs en sont exemptés, notamment ceux liés au panier, à l'authentification ou à la mesure d'audience sous conditions : la marche à suivre est détaillée dans le guide de la CNIL sur la mise en conformité d'un site web. Écrivez dans le cahier des charges qui fournit et paramètre l'outil de recueil.

L'accessibilité. C'est la rubrique que la plupart des modèles de cahier des charges n'intègrent pas encore. Depuis le 28 juin 2025, les exigences issues de la directive européenne 2019/882, transposée notamment par le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023, s'appliquent à une série de services parmi lesquels le commerce électronique. Les microentreprises de moins de dix salariés dont le chiffre d'affaires annuel ou le total de bilan reste inférieur à deux millions d'euros ne sont pas soumises à ces obligations pour leurs services. Les contrats de service conclus avant le 28 juin 2025 peuvent en revanche se poursuivre sans modification jusqu'au 28 juin 2030. Le détail des produits et services visés figure sur la fiche pratique de la DGCCRF. Si votre site vend en ligne, l'accessibilité est une exigence du cahier des charges, pas une option à arbitrer plus tard.

Les erreurs qui font déraper le budget

Formuler des souhaits au lieu d'exigences. « Un site moderne et rapide » ne se chiffre pas et ne se recette pas. Chaque ligne du périmètre doit pouvoir être cochée ou refusée par un test. Cette discipline allonge un peu la rédaction. Elle raccourcit beaucoup la recette.

Oublier les critères de recette. Si le cahier des charges ne dit pas comment on valide, c'est le prestataire qui décidera que le travail est terminé. Prévoyez une liste de tests, un délai de recette et une procédure pour les corrections.

Laisser les contenus sans propriétaire. Un tableau nominatif avec une date par page vaut mieux que la mention « contenus fournis par le client ». La plupart des retards de mise en ligne se jouent là.

Valider l'arborescence après les maquettes. L'ordre est irréversible en pratique : les maquettes sont construites sur une structure de pages, et redécouper la structure après coup revient à repayer une partie du design.

Ne rien prévoir pour l'après. Hébergement, mises à jour, sauvegardes, corrections des premières semaines : ces postes existent, qu'ils soient budgétés ou non. Les inscrire dans le cahier des charges évite de découvrir leur montant après la facture.

Comment savoir que votre cahier des charges est prêt

Le critère est simple, et il ne dépend ni de la longueur du document ni du nombre de rubriques remplies : donnez-le à lire à quelqu'un d'extérieur au projet et demandez-lui s'il pourrait le chiffrer. S'il doit vous poser une question de cadrage, sur ce que vous vendez, sur ce qui est déjà décidé graphiquement ou sur qui écrit les textes, le document n'est pas prêt. Les questions techniques, elles, sont normales et attendues : un prestataire doit pouvoir proposer une solution plutôt que d'exécuter la vôtre.

Un dernier repère, utile pendant la rédaction elle-même : si vous butez sur une rubrique, ce n'est presque jamais le document qui bloque, c'est une décision qui manque en amont. Réglez-la avant de reprendre l'écriture. Elle vous rattrapera de toute façon, et elle coûtera plus cher au moment où elle le fera.

Nos derniers projets

🌐 Création de site internet
💬 Nous contacter
sercopointweb sercopointweb